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Liste des articles
Date Auteur & fonction Sujet

03/01/2005 Alain PERTINENT
Consultant - ancien directeur de travaux
La gestion des chantiers du BTP (2ème partie)
15/11/2004 Alain PERTINENT
Consultant - ancien directeur de travaux
La gestion des chantiers du BTP (1ère partie)

15/11/2004 - Alain PERTINENT - La gestion des chantiers du BTP (1ère partie)

Avant-propos

Gérer la production dans le BTP, c'est comparer systématiquement et en temps réel ce que l'on est en train d'exécuter avec ce qui a été prévu.

Contrairement aux autres branches d'activité, le BTP étudie et chiffre des ouvrages avant leur exécution ce qui impose une prévision pointue des aléas, alors que les autres branches de l'industrie construisent des maquettes, des prototypes, des préséries, puis ensuite fixent le coût de production avec beaucoup de rigueur en connaissant toutes les quantités et tous les temps unitaires par unité de production.

Cette méthode ne peut être retenue pour la construction d'un ouvrage qui reste et restera unique, et on voit mal une entreprise construisant un pont témoin pour en connaître toutes les tâches puis annoncer au maître d'ouvrage qu'elle est prête pour exécuter le bon pont au bon endroit.

A noter que le mot "chantier" a toujours une connotation péjorative due sans doute à l'aspect physique quelque peu désordonné et chaotique que donne un ouvrage en construction, pourtant les documents le concernant sont précis et rigoureux même s'ils sont sujets à de fréquentes modifications qui ne changent rien aux possibilités de gestion, un chantier subissant continuellement des modifications et ne se terminant jamais comme le projet initial.

Les autres branches de l'industrie ont depuis longtemps intégré la rigueur du contrôle de gestion de la production (automobile, aviation, métallurgie, etc.) et nous pouvons considérer que le BTP a plus d'une génération de retard dans ce domaine pourtant essentiel.

En fait les raisons de la désaffection des entreprises pour l'utilisation d'un outil de contrôle de gestion de production performant sont multiples, mais un petit rappel historique s'impose.

Après la guerre de 39/45 une partie de la France était a reconstruire, il fallait aller vite et les crédits étaient là (plan Marschal), les entreprises ont proliféré, et les chantiers étaient traités avec des marges très importantes.

Cette facilité a totalement neutralisé la volonté de gestion de production et l'encadrement de production ne voyait pas l'intérêt de compter, d'autant qu'avec les marges confortables prévues il fallait presque le faire exprès pour perdre de l'argent.

Pendant des décennies le gaspillage était de mise, et les exécutants étaient réfractaires au calcul et assis sur les coefficients de perte.

La très grande majorité des entreprises de notre pays n'ont donc aucune culture de gestion et les éventuelles remises à niveau de celles qui veulent s'en sortir sont pénibles et douloureuses.



03/01/2005 - Alain PERTINENT - La gestion des chantiers du BTP (2ème partie)

Avant-propos (suite)

Puis au milieu des années 80 sont arrivés sur le marché des progiciels informatiques que les vendeurs et les commerciaux des éditeurs de logiciels présentaient comme la panacée devant faire gagner de l'argent à l'entreprise, beaucoup d'argent … La plupart des entreprises qui ont acquis ces produits ont mis la clé sous la porte occupées qu'elles étaient à comprendre et à faire fonctionner cet outil qui n'était en fait qu'un additionneur de factures et d'heures d'ouvriers, développé par des gens qui ne comprenaient rien ou pas grand chose au BTP. Le prix de vente était également prohibitif et son montant a participé pour beaucoup à la faillite des acquéreurs.

Ces SSII ont multiplié les réunions, les colloques avec les Entreprises pour essayer de connaître les méthodes existantes de gestion, ces méthodes étant embryonnaires ou n'existant pas, les progiciels développés ne sont pas adaptés au métier. Celles qui ont développé malgré tout ces progiciels ont en partie pollué la terminologie du métier (on confond par exemple allégrement ouvrage et tâche) ils ont de plus accédé (commercial oblige) aux demandes les plus saugrenues venant des Entreprises qui utilisent des formules alambiquées pour proposer leurs offres. Ces mêmes sociétés informatiques ont réussi a polluer les méthodes et la terminologie du métier de constructeur en inventant des formules ahurissantes pour les études de prix, et les termes folkloriques qui allait avec, elles ont de plus accédé aux demandes les plus saugrenues de certaines entreprises ce qui a réussi a dévoyer et les bureaux d'études et les informaticiens.

Las d'être promené par des informaticiens à la culture très différente de la leur, la méfiance s'est installée et les groupes du BTP ont réagi pragmatiquement en créant une filiale informatique adoubée à leur groupe. C'est à ce moment là que les choses sérieuses ont commencé, car il a bien fallu écrire et définir un cahier des charges, (Analyse spécifique des besoins) or ce type de document qui décrit avec une grande précision les écrans, les imprimés et qui définit les différentes formules de calcul ne se conçoit que dans la sérénité et hors de toute pression interne. De plus ce document ne peut être produit et développé que par des hommes ayant une forte expérience de la production sur les chantiers (cadres débutants s'abstenir). Un cadre du BTP est capable d'écrire à peu prés la moitié un tel document, le seul hic, c'est qu'après une dure journée de travail de bureau et de chantier il n'a plus le temps ni la concentration nécessaires pour travailler sur un tel document. A compter qu'il connaisse bien son sujet, encore faut-il que sa hiérarchie omniprésente quand il s'agit d'argent ne vienne pas lui mettre des bâtons dans les roues en exigeant certains tableaux en incohérence avec l'ensemble. Le résultat c'est que la société informatique va développer un outil hybride avec des liaisons très souvent vers la comptabilité générale ou analytique ce qui est une ânerie sans nom, qui va s'avérer rapidement saturé et très proche d'une usine à gaz, donc difficilement exploitable. Une pointe d'orgueil leur interdit généralement de s'adresser ailleurs (il faut absolument faire travailler la filiale informatique) et l'entreprise continue tant bien que mal après de multiples replâtrages à utiliser un outil inadapté et surtout en dehors des fondamentaux de la profession, ce qui est un comble.

A suivre ….


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